La Casa del Mouradia

La Casa del Mouradia

C’était il y a soixante ans, ma fille, l’an 2019 et dans le territoire déchaîné, il y avait un vendredi pour Dieu et un autre pour l’espoir. Alger garde, aujourd’hui encore, le parfum de ces jours fougueux, soixante ans, ma petite Lylia, quand l’odeur de la mer se mélangeait à celle des glycines, Nora, Nora, ton cœur égaré dans Alger ivre d’amour et de colère, il s’appelait Messaoud mais pour tout le monde il était Socrate Tabess Rassou, pour tout le monde, aurait si souvent dit ma grand-mère, sauf pour moi, pour moi il fut et restera mon petit Missou.

PRIX : 14 euros + 5 euros Frais de livraison Soit 19 euros

Extrait :

Pour nous qui vivons en 2080, cette révolte dont aucun manuel scolaire ne fait mention, fait partie d’un temps oublié, pourtant elle me semble toute proche, comme si j’y avais vécu, comme si j’y avais tété le lait de toutes ces femmes qui sortaient défier l’injustice, qui s’emparaient de la rue au nom du droit à la vie, à la justice et à l’amour. J’avais fini par partir à sa recherche là où elle pouvait être, dans le coeur des hommes, dans leurs souvenirs, dans des journaux jaunis par les années, dans des enregistrements vidéo, des espèces de films que l’on réalisait au moyen d’appareils aujourd’huidisparus, dans des comptes rendus de procès très médiatisés à l’issue desquels des mandarins de l’ancien régime furent lourdement condamnés ; j’ai aussi puretrouver des rapports d’écoutes que la justice avait mis à la disposition du public, et tous ces ingrédientsm’ont permis de raconter cette histoire en hommage aux ancêtres qui avaient enlevé, pour nous, les barrièresqui condamnaient à l’inertie. Cette révolte, ces hommes et ces femmes soudainement emportés comme parun rêve, réveillées à leur devoir de mieux vivre, quis’emparèrent de la rue au nom d’un droit au bonheur,je sais que nous sommes des millions à leur devoir laliberté qui nous entoure. Je voulais les connaître, cesâmes qui avaient porté pendant des mois, pour euxet pour ceux qui allaient naître, le poids de l’espoirhumain. Je les imaginais beaux et invincibles. Je ne lesai plus quittés, ils ne m’ont plus quittée non plus.Sans doute vous prendra-t-il, un jour, l’envie desavoir d‘où vous venez, alors vous trouverez un bout dela réponse dans cet écrit, roman d’une incursion dansun passé où surgissent encore, quelquefois, la nuit, lescris d‘un peuple qui avait terrassé le désespoir.

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